La Capture
Le vent du Nord frappait la côte comme une lame. La mer se brisait en vagues sombres et le sable dur vibrait sous les rafales. Naya avançait lentement entre les rochers glacés, ses jambes encore faibles, son souffle court formant une buée pâle dans l'air.
C'est alors qu'ils apparurent.
D'abord des ombres. Puis des silhouettes massives. Enfin des hommes — cuir et peaux épaisses sur les épaules, casques abaissés sur le front, visages marqués par le froid et la guerre. Leurs haches pendaient à leurs poings, lourdes comme des rochers.
Le premier poussa un cri rauque. Le cercle se referma aussitôt.
La neige craquait sous leurs pas. Les torches éclairaient leurs traits durs, leurs mâchoires serrées, la méfiance gravée dans leurs regards. Naya recula ; ses pieds nus s'enfoncèrent dans la boue gelée, lui arrachant un frisson.
— « Une étrangère… » souffla l'un.
— « Sorcière », cracha un autre.
— « Offrande aux dieux », conclut celui qui semblait diriger.
Elle ouvrit la bouche. Aucun son ne sortit. Sa gorge brûlée par le sel n'était qu'un souffle brisé.
Le bracelet à son poignet pulsa d'une lumière faible, presque imperceptible. Les hommes reculèrent, surpris par cette lueur qui n'appartenait pas à leur monde.
Le chef planta sa hache dans le sable gelé. Le choc résonna comme un signal. Deux hommes s'avancèrent, attachèrent ses poignets avec une corde. Le nœud serra sa peau jusqu'au sang.
On la poussa en avant.
Ses cheveux trempés fouettaient son visage. Le froid la traversait comme mille aiguilles. À travers la brume, elle distingua un village : des toits fumants, des palissades de bois, des silhouettes qui allaient et venaient entre les maisons basses.
Chaque pas l'éloignait du rivage où elle avait chuté. Chaque pas l'enfermait davantage dans ce monde rude et glacé.
Elle ne marcha plus par elle-même. Elle fut entraînée. Elle fut prise.